Délégationdes Hauts-de-Seine

Quand l’accompagnement devient amitié

La vie du Secours Catholique est rythmée par toutes sortes de rencontres. Celles des bénévoles entre eux, des personnes accueillies entre elles et évidemment des bénévoles avec celles et ceux qu’ils accompagnent. Ces rencontres sont parfois furtives et uniques, mais il arrive qu’elles se prolongent sur plusieurs années et perdurent au-delà du cadre associatif. C’est ce que vivent Marie-Anne et Michel depuis bientôt sept ans. Nous avons choisi de nous intéresser à cet accompagnement qui s’est petit à petit changé en amitié. Récit de notre rendez-vous avec Michel et Marie-Anne, bénévole à Rueil-Malmaison.

Michel et Marie-Anne

Michel a découvert le Secours Catholique il y a une douzaine d’années alors qu’il dormait dans les trains. Un compagnon de la rue lui a parlé de La Rampe, un accueil de jour du Secours Catholique situé à Colombes. Michel s’y est rendu souvent et a multiplié les connaissances aux bornes de l’association. Il est devenu bénévole à plein temps au siège de la délégation : « Je faisais un peu de tout, je m’occupais des véhicules, je faisais les courses, j’organisais les salles de réunion… J’étais chez moi ! » Marie-Anne ajoute : « Oui vous étiez apprécié, plusieurs fois on m’a parlé de vous. Michel il savait tout faire ! » Puis, Michel a trouvé un emploi dans une cantine scolaire à Neuilly, il y a travaillé pendant trois ans, avant de venir s’installer à Rueil-Malmaison.

En décembre 2007, Michel emménage dans une chambre d’hôtel en partie financée par le Secours Catholique. Le service logement de la délégation prévient Marie-Anne de son arrivée et lui demande d’entrer en contact avec lui. Marie-Anne nous raconte : « Mon rôle à moi, c’était surtout d’être le contact à Rueil, de récupérer le loyer qu’il devait verser et de voir si ça allait bien avec l’hôtelier. Et puis d’engager un lien de convivialité ! » Parfois Michel ne donnait plus de nouvelles, cela pouvait durer des mois. Marie-Anne attendait et quand il le fallait elle glissait des lettres sous sa porte. Quand il réapparaissait, Michel s’excusait. Malgré les difficultés, Marie-Anne résume leurs rapports ainsi : « On a toujours eu un bon contact et puis on s’est suivi au cours des ans. »

De 2007 à 2012, Marie-Anne et Michel se donnent rendez-vous chaque mois dans un agréable bistrot situé en bas de l’hôtel. Marie-Anne se souvient : « On prenait systématiquement un café et on se parlait assez longuement, on se racontait des histoires de famille… » Michel ajoute : « C’étaient des relations amicales ! »

Depuis deux ans, Michel bénéficie d’une solution de logement à long terme, il vit dans une maison de retraite. Marie-Anne a participé activement à son déménagement et se réjouit : « Enfin vous êtes chez vous ! » Depuis que Michel n’est plus à l’hôtel, les rencontres se sont espacées. Mais ils sont heureux de se croiser en ville et ils continuent à se téléphoner de temps en temps. Quand nous les avons rencontrés, deux nouveaux rendez-vous ont été fixés : Marie-Anne ira voir les derniers travaux d’aménagement chez Michel et lui viendra l’écouter chanter à l’église Saint-Pierre-Saint-Paul au mois de mai.

Marthe Orsel

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