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Hauts-de-Seine
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Spiritualité

Journal de bord du voyage en Terre sainte

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Sur les pas des Marcheurs de l'Espérance de la délégation des Hauts-de-Seine
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Des pèlerins du Secours Catholique des Hauts-de-Seine sont partis en voyage de l'espérance à Jérusalem, du 19 au 26 avril 2022. Muriel Rosset en fait le récit.

Jour du départ - mardi 19 avril 

Après un parcours du combattant administratif et des sueurs froides en Allemagne  avec quelques passeports qui ont retardé l'avion,  nous voici à Tel Aviv.... encore une heure avant d'arriver à Jérusalem. Voyager en temps de covid pour emmener des gens de toutes nationalités en Israël  est un vrai défi  !

 

Mercredi 20 avril

Il est 7h, le coq chante, des chants de prières et des bruits de voiture montent depuis la colline, ici la vie grouille déjà. 

Ce matin nous allons à la piscine de Bethesda où venaient de nombreux malades, dont un  homme qui  pendant 38 ans est venu en vain en attendant  de guérir. Et pourtant il n’a pas renoncé à revenir sans cesse.

En incarnant ensemble l'histoire de ces autres malades  qui sont passés si longtemps devant lui et son brancard, nous avons réalisé combien nous étions tous en attente de quelque chose, et combien nos attentes peuvent  trouver une réponse dans la fraternité. 

Cet après-midi, au Mur des lamentations, nous avons déposé nos prières pour le monde, préparées durant notre week-end à l'Esplanade des cultures  et religions.

Pour ce voyage de l'espérance, surtout et sur tout nous prenons le temps.

Ne pas faire trop de choses pour mieux-être présents les uns aux autres, présents au moment présent, et mieux  se souvenir.

 

Jeudi 21 avril 

Aujourd'hui, chacun a pu déposer les poids de sa vie sur une croix que nous avons portée  dans les rues de Jérusalem,  depuis le Jardin des oliviers jusqu'au tombeau du Saint-Sépulcre.

Ce soir, nous allons pouvoir brûler tous ces poids déposés ce matin et portés par chacun de nous à tour de rôle.

Voici un extrait de texte offert ce matin : « Cette vie nouvelle qui pousse au printemps, nous avons à la faire advenir en nous et autour de nous. D'abord dans notre histoire à chacune  et à chacun, comme un défi à relever pour nous tous. Un démarrage pour repartir à neuf. C'est aussi une nouveauté à faire surgir dans notre humanité, comme les fleurs de la nature en ce printemps. C'est une nouvelle manière de vivre plus heureux ensemble dans un monde plus juste, plus fraternel et plus digne pour tous.»

Dans la périphérie un boulevard pour l'Évangile de Michel Deheuninck

 

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Vendredi 22 avril

La paix ça commence par les racines des arbres… ou comment une famille dépossédée de sa terre continue de résister grâce aux visiteurs et bénévoles du monde entier qui viennent les soutenir. L’appel de Tent of Nations, c’est de changer les cœurs et de construire un pont entre les gens et la terre, d’inviter les hommes de toutes nations à venir voir et raconter leur histoire de foi, d'amour et d'espérance.

Si quatre millions de visiteurs viennent en Terre sainte visiter des lieux saints, beaucoup ignorent les pierres vivantes qui vivent là. Aujourd’hui, nous avons eu la chance de rencontrer Daoud. Depuis 1916, la famille de Daoud possède un terrain de 42 hectares qui surplombe Bethléem, ses parents et grands- parents y ont vécu et travaillé. En 1991, Israël a déclaré ces collines propriété de l'État. cinq colonies juives se sont déjà installées et construites.

Daoud a lutté contre les tribunaux pour faire valoir l’enregistrement de son terrain déjà payé en période ottomane, puis réenregistré sous périodes britannique puis israélienne. En vain : l’État a réitéré vingt-huit demandes de détruire la colline, mille cinq cents arbres de son domaine ont été brûlés par un incendie criminel, l’eau et l’électricité lui ont été coupés, et toute construction lui est interdite.

Daoud et sa femme ont alors posé des panneaux solaires, des citernes, creusé des grottes. Face à la guerre administrative et sociale qui font leur quotidien, plusieurs solutions s’offraient à lui :

- répondre à la violence par la violence, mais pour eux la violence ne peut être une solution,

- accepter d’être sacrifié, de vivre comme une victime, 

- fuir.

Aucune de ces trois voies ne leur convenant, ils ont donc choisi de résister. Pour résister, ils ont baptisé leur terrain tente des nations et fait connaître leur histoire. Du monde entier, des bénévoles viennent passer une journée ou participer à un chantier agricole et replanter des arbres. Treize mille personnes sont venues en 2019, avant le Covid.

Aujourd’hui, un couple britannique était là pour une semaine à Bethléem afin de rencontrer et soutenir les amis qu’ils se sont faits au cours de leurs différentes visites.

« J’ai reçu une sacrée leçon de vie. » m’a confié une personne du groupe qui a dormi longtemps à la rue.

Daoud nous rappelle que face aux difficultés, on peut faire la différence en restant unis au-delà des frontières et des différences. Michel du Thé café d’Antony nous disait justement ce matin que transmettre le bonjour à tout le monde en traversant les frontières, c’est comme dire bonjour à Madame la Planète terre. Souhaitons que la terre soit un lieu pour prendre soin de nous et soin les uns des autres.

 

Samedi 23 avril 

Aujourd'hui, plongée dans le Jourdain, marche dans le désert, temps de silence,  partage sur "les déserts" de nos vies,  puis accueil et soirée avec les Bédouins. Un pèlerin est reparti tout retourné : je me plains d'avoir 900 € par mois mais ils sont plus courageux que moi et ont beaucoup moins d'aide  que moi pour s'en sortir dans la vie. Ils ont été chassés de leur terre par les Juifs, moi finalement j'ai de quoi dormir, et même quand on n'a pas de quoi dormir en France,  on arrive à trouver des solutions ou des associations  qui nous aident…

 

Dimanche 24 avril 

Hier, temps de silence puis partage en fraternité dans le désert :« Je peux dominer les difficultés, elles peuvent rester en bas, je suis impressionné par la force, l'immensité du paysage, nous sommes petits. Comment survivre dans le désert , comment survivre dans "les déserts" de nos vies  ? »

 

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Légende
Daniel, membre de notre bureau, a bien marché tout le long et a pu tester l’âne pour arriver !
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Mardi 26 avril

Relecture de ce voyage de l'espérance en Terre sainte. Beaucoup de grâces et fruits reçus, une force pour poursuivre le chemin. 

Pour beaucoup, le moment qui restera gravé est la descente dans la Fosse où a été emprisonné Jésus la veille de sa Passion : « On a pu crier dans le tombeau du Christ » ont dit beaucoup de pèlerins. Concrètement, nous y avons lu le psaume 87, puis chacun pouvait dire une parole qui le touchait.

« Seigneur, mon Dieu et mon salut, dans cette nuit où je crie en ta présence, que ma prière parvienne jusqu'à toi, ouvre l'oreille à ma plainte. Car mon âme est rassasiée de malheurs, ma vie est au bord de l'abîme ; on me voit déjà descendre à la fosse, je suis comme un homme fini. Ma place est parmi les morts, avec ceux que l'on a tués, enterrés, ceux dont tu n'as plus souvenir, qui sont exclus, et loin de ta main. Tu m'as mis au plus profond de la fosse, en des lieux engloutis, ténébreux ; le poids de ta colère m'écrase, tu déverses tes flots contre moi. Tu éloignes de moi mes amis, tu m'as rendu abominable pour eux ; enfermé, je n'ai pas d'issue : à force de souffrir, mes yeux s'éteignent. Je t'appelle, Seigneur, tout le jour, je tends les mains vers toi : fais-tu des miracles pour les morts ? Leur ombre se dresse-t-elle pour t'acclamer ? Qui parlera de ton amour dans la tombe, de ta fidélité au royaume de la mort ? Connaît-on dans les ténèbres tes miracles, et ta justice, au pays de l'oubli ? Moi, je crie vers toi, Seigneur ; dès le matin, ma prière te cherche : pourquoi me rejeter, Seigneur, pourquoi me cacher ta face ? Malheureux, frappé à mort depuis l'enfance, je n'en peux plus d'endurer tes fléaux ; sur moi, ont déferlé tes orages ; tes effrois m'ont réduit au silence. Ils me cernent comme l'eau tout le jour, ensemble ils se referment sur moi. Tu éloignes de moi amis et familiers ; ma compagne, c'est la ténèbre. »

« Jésus venu annoncer la Bonne nouvelle aux pauvres, c’est la meilleure chose qu’il pouvait faire. Il a eu raison et cela va beaucoup m’aider à poursuivre ma vie maintenant que j’ai pu réaliser mon rêve de venir ici. »

Pour un autre : « Le cœur lourd de voir qu’ici on ne vit de la Bonne nouvelle annoncée aux pauvres : on est toujours opprimé sur cette Terre d’Israël, on interdit l’eau, l’électricité à certains, on impose des restrictions, un mur...  Ici j’ai vu la souffrance des pauvres qui continue malgré les groupes de pèlerins qui se suivent, je suis choqué par les minorités opprimées. »

Hier pourtant nous avons rencontré une association de femmes juives et musulmanes qui depuis 24 ans bâtissent des ponts face à des hommes beaucoup plus frileux. 

Nous avons vu aussi toutes ces pierres vivantes opprimées qui s’appuient sur des visiteurs comme nous pour garder l’espérance et poursuivre leur combat pour la justice.

 

Mercredi 27 avril - Départ de Jérusalem

Parole conclusive de quelqu'un qui a dormi longtemps  à la rue " les bédouins ils sont plus pauvres que nous et ils nous ont accueillis comme  des rois. "

Nous décidons de nous retrouver le 31 mai pour poursuivre ce voyage de l’espérance auprès de tous,  avec cette question offerte à vous : comment transmettre ce que nous avons reçu à tous ceux que nous rencontrerons, et à tous les acteurs  du Secours Catholique qui nous ont soutenu ?

Nous souhaitons le faire de deux façons 

en vous partageant des témoignages de notre avant et après
en vous demandant ce que signifie pour vous “l’annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres”, et pourquoi pas lors d’un des ateliers du voyage de l’espérance à Lourdes, où nous serons heureux de vous faire apprendre une danse de paix et de fraternité.

 

 

Merci à Muriel et aux participants à ce voyage pour tous ces beaux témoignages et partages. 

 

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Auteur et crédits

Muriel Rosset